Ce que le jour doit à la nuit
"Les danseurs de ce spectacle ont été rencontrés lors d'une audition organisée en octobre 2009 à Alger. Depuis, mon enthousiasme n'a cessé de croître tant leur plaisir à la danse reste poreux aux enjeux imposés par une création où je choisis de m'éloigner du spectaculaire pour le spectaculaire afin que les trajectoires et les musicalités de chaque danseur, de chaque corps soient au service du sens plutôt que de la performance." H. Koubi
lien vidéo (extrait): Ce que le jour doit à la nuit
"... J’ai vécu le jour et la nuit, comme des instants éphémères que m’offre le quotidien sans relâche depuis des millénaires. La quête de famille et de reconnaissance est éternelle, on chasse toujours ses racines avec des yeux d’enfant.
J’emprunte ces corps d’athlètes irradiés, solaires ou lunaires c’est selon, muscles épanouis du temps dans la ruche céleste, fourmis qui s’envolent seules mais que NOUS amortissons ensemble : c’est le lot de notre gravité d’ici-bas, la clarté de nos mémoires parfois se vautre, rampe et chute mais elle se partage !
Je sens mes étamines qui virevoltent autour de moi et cabriolent en d’étourdissantes cavalcades ou des arrêts doux et lents, ce pollen-là fait partie de ma famille, il est tantôt blanc tantôt noir, entre Algérie et Burkina, Terre et galaxie… Si les palettes des teints de peau humaine sont infinies, la sueur qui scintille et ruisselle sur la peau nue est universelle, les corps luisants sont des phares, une chaîne de sémaphores sur le pourtour méditerranéen qui nous oriente vers un monde où la force épouse l’énergie, où les villes aiment les volcans, où les rayons du soleil ont des regards touchants, où les suaires essuient les morts sans violence. J’ai voyagé en terre de beautés. Quelle chance, par mes regards muets, j’ai l’impression d’avoir gagné en beauté aussi ! Les musiciens de ce soir ont pu jouer sur mon corps aux aguets, ils ont su mêler leurs voix aux fureurs du dehors, caressé leur cordes pour apaiser mes peurs, blottir leurs sons dans le giron de mon appétit de témoin ému. ..." Pascal Gillet 2012